"Je suis en totale admiration devant ces gars-là" : Tomer Sisley est le héros de "GIGN", la nouvelle série originale Netflix
18/07/26
Après la série B.R.I. sur Canal+, voici une autre unité d'exception qui donne son nom à une fiction. GIGN raconte l'histoire d'un officier de gendarmerie, David, qui fait passer les tests d'entrée à son filleul Max, avec une grande réticence. Que cache ce refus d'intégrer le jeune homme malgré son excellence ? Lorsque la caserne du GIGN elle-même subit une attaque terroriste, David va être forcé de travailler avec Max : ce sera le début d'une double enquête pour lever des mystères parallèles… La série GIGN, créée par Julien Leclercq (L'Assaut), débarque sur Netflix, mercredi 22 juillet, avec dans le rôle principal l'acteur franco-israélien Tomer Sisley.
Franceinfo Culture : Connaissiez-vous déjà l'univers des unités d'élite de la gendarmerie ou de la police avant d'accepter le rôle de David ? Que saviez-vous de ces hommes ?
Tomer Sisley : [Il sourit] Je les connaissais très très bien. J'avais des très bons potes qui en faisaient partie. Je les ai rencontrés, il y a une quinzaine d'années, via une association… Pour nous remercier d'être venus, ils nous avaient proposé de passer une journée avec eux, une journée d'immersion. Ils avaient préparé quelques exercices pour nous mettre un peu en difficulté et moi, j'ai adoré ça, et on ne s'est jamais vraiment quittés depuis. Et donc de génération en génération – parce que les générations ça passe très rapidement au GIGN, vous savez, ce sont des carrières relativement courtes – je les ai tous connus. Ils m'ont proposé de participer à leurs exercices, de faire le plastron pour eux, j'ai aussi organisé des exercices grandeur nature pour eux…
Vous faisiez un peu partie de la famille, en fait ?
Je connaissais très bien ces garçons et j'avais un énorme respect pour eux. Donc, en fait, quand on m'a proposé de jouer ce rôle, pour moi, c'était comme avoir gagné au loto ! C'était inattendu, inespéré, c'était incroyable ! J'aurais vraiment pleuré plusieurs nuits si j'avais su que c'était un autre acteur qui avait été choisi pour jouer ce rôle dans cette série… Vraiment, ça m'aurait beaucoup ennuyé. On est nombreux à pouvoir l'incarner, mais il se trouve que c'est à moi qu'ils l'ont proposé, que c'est tombé sur moi. C'est incroyable la providence… Parce que l'équipe du film n'était pas du tout au courant de ce lien. Julien Leclercq [le créateur de la série], Julien Madon [le producteur], Netflix… Personne n'était au courant, personne ne connaissait ma relation avec le GIGN.
On sent que vous aviez déjà un vrai lien d'affection avec eux…
Ah oui ! Enorme. Mes meilleurs potes, ce sont des gars qui sont dans le groupe, il y en a un qui part d'ailleurs là.
Vous n'aviez donc pas forcément besoin de conseiller sur le tournage ?
Le meilleur conseiller qu'on avait sur ce tournage, je tairai son nom, mais c'est un pote à moi, ce n'était même pas un conseiller officiel, c'est juste que je l'appelais un soir sur deux avant d'attaquer la journée du lendemain. Je lui lisais les séquences qu'on devait tourner le lendemain, et je lui demandais : "Tiens, il y a tel truc-là, comment tu le dirais, ça ? Comment vous dites déjà, comment on appelle les véhicules que prennent les forcenés ? Un véhicule de guerre ? Ah oui, vous dites 'VG', d'accord… C'est quoi déjà le nom de code pour quand on a un visuel sur la target [une vue sur la cible], c'est ça ? OK d'accord…" Je ne dis pas que j'ai gardé les vrais codes, mais tout le jargon que vous entendez, les codes couleurs, les nombres… Est-ce qu'il a un 55 sur lui, est-ce que t'as un 70, mets-moi du jaune… Ça fait référence à leurs vrais codes et à leur manière de parler.
On sent que vous avez pris beaucoup de plaisir à jouer le rôle de David...
Un plaisir de fou ! J'ai pris énormément de plaisir à jouer le rôle de David ! Évidemment que jouer un mec du "GI", alors que ce sont mes potes, et que ce sont tous des héros... C'est tous de la graine de superhéros, les mecs ! Mais la réalité, en étant totalement honnête, c'est au-delà de ça. Ce que j'ai particulièrement aimé dans cette série, ce n'est pas forcément le côté testostéroné, mais surtout les liens entre les personnages, les rapports familiaux – moi avec ma fille, moi avec ma femme, avec mon pote, avec mes supérieurs… C'est cette profondeur-là dans la série qui m'a touché, et que j'ai pris un énorme plaisir à interpréter.
Quand on connaît un peu ce monde-là, on sait que les rapports humains y sont très particuliers, qu'il y a une confiance absolue dans ses coéquipiers… Et que parfois aussi, le rapport avec les familles est difficile. Mais y a-t-il quelque chose que vous avez découvert sur ces soldats d'élite en jouant le rôle de David ?
Non, je ne pense pas. D'abord, ça fait des années qu'on se fréquente et qu'on fait des choses ensemble, mais avant de tourner, j'ai eu la chance de passer quelques journées chez eux en immersion. J'avais déjà passé pas mal de temps avec eux, mais je n'avais jamais été en immersion pendant une semaine entière. Tous les jours, je participais à leurs briefings, je les suivais en exercice, en mission, etc. Quand je suis sorti de ces quelques journées en immersion, j'avais déjà pris pas mal d'avance sur les autres au niveau de la connaissance du GIGN.
Dans la série, on vous voit enquêter, mais le GIGN, c'est plutôt une force d'intervention que d'enquête, n'est-ce pas ?
Alors oui et non. Le GIGN, c'est effectivement une force d'intervention. Mais il agglomère plusieurs unités aujourd'hui, il y a "l'inter", c'est quatre groupes de vingt gars, mais il y a aussi la FOR, la Force d'observation recherche… Il y a plusieurs unités, et certaines font de l'enquête, mais ceux qui sont dans la force d'intervention n'en font pas. Dans la série, David fait son enquête, mais on est obligé de prendre certaines libertés dans la fiction, on n'a pas le choix. En revanche, lorsqu'on n'était pas obligé de s'éloigner de la réalité, on faisait tout ce qu'on pouvait pour coller au plus près du réel, sans forcément dévoiler des procédures ou des codes secrets bien entendus.
Source :
France Info - Carine Azzopardi

